Soirée de lutte contre les discours de haine à l’heure du numérique, jeudi 21 mars 2019

Soirée de lutte contre les discours de haine à l’heure du numérique, jeudi 21 mars 2019

Jeudi 21 mars a eu lieu le colloque sur la lutte contre les discours de haine à l’heure du numérique, à l’Hôtel de Lassay, à l’Assemblée Nationale.

Cet évènement avait pour objectif de présenter la proposition de loi de lutte contre la haine en ligne mais surtout de recueillir l’avis et les propositions des acteurs du numérique, des associations ainsi que de nombreux membres de la société civile qui étaient présents pour échanger, témoigner et intervenir sur la haine en ligne.

Au total, plus de 350 personnes étaient réunies afin de lutter contre la cyberhaine.

Introduit par le Président de l’Assemblée Nationale, Richard Ferrand, en présence de Mounir Mahjoubi, qui répondait aux interventions et aux questions tout au long de la soirée à mes cotés, nous avons convié chaque acteur du monde numérique à venir échanger avec nous.

Associations, plateformes, acteurs du changement, ou simples internautes, il était essentiel d’inciter chacun à prendre part à ce combat.

Ainsi, le premier témoignage sur le sujet a été celui de Gil Taieb, co-auteur du rapport sur le renforcement de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme sur Internet avec Karim Amellal et moi-même, et Vice-Président du CRIF.

Ce dernier a débuté l’événement en insistant sur l’urgence de lutter contre la cyber-haine :

“A chaque fois que quelqu’un quitte internet parce qu’il est l’objet de propos haineux, c’est un échec collectif ” 

Autre co-auteur du rapport, Karim Amellal, écrivain et enseignant, a, quant à lui, exposé sa proposition de créer un observatoire de la haine en ligne afin de “mieux appréhender, mieux connaître et mieux quantifier ce phénomène diffus et mutant“.

La Délégation Interministérielle à la Lutte Contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Haine anti-LGBT , représentée par Frédéric Potier, a félicité les initiatives du Gouvernement pour lutter contre cette cyber-haine  en ligne et a quant à elle, proposé de renforcer les blocages des sites haineux, pour plus d’efficacité et de bloquer la publicité, qui est intolérable, sur ces mêmes sites haineux. Cet impératif de retirer les contenus haineux a aussi été souligné par SOS Racisme. Dominique Soppo, Président de SOS Racisme, a en effet affirmé que le taux de retrait des contenus haineux est bien trop bas aujourd’hui : 4% pour Youtube, 7% pour Twitter et 34% pour Facebook. La coopération avec les plateformes en ligne est donc nécessaire pour supprimer et bloquer tout site ou contenu haineux.

Latifa Ibn Ziaten, qui a perdu son fils à cause d’une attaque terroriste en 2012, a transmis un véritable message de tolérance, de paix et de vivre ensemble. A la haine qui se répand sur internet ou ailleurs, qu’elle s’exprime par des adultes ou par les plus jeunes, Latifa incite chaque à citoyen à tendre la main à l’autre et à s’engager.

Le sujet de la sensibilisation des plus jeunes a été de même l’objet de l’intervention de Justine Atlan, Directrice de l’association E-enfance qui a proposé de sensibiliser les enfants aux risques dès le plus jeune âge, via des cours d’éducation civique, et ce, dès l’école primaire.

Cette loi est ainsi faite pour protéger tout citoyen, qu’importe son age, son sexe, son origine, son handicap ou son orientation sexuelle.

Sur ce dernier point, deux associations étaient présentes pour mettre en avant la lutte contre l’homophobie : Stop Homophobie et SOS Homophobie.

Terrence Katchadourian, Secrétaire Général de Stop Homophobie, nous a indiqué que malheureusement, les signalements et les dépôts de plainte n’aboutissaient que trop peu. Via un algorithme édifiant qui relève l’ensemble des insultes homophobes sur Twitter, Stop Homophobie nous démontre que le combat ne fait que commencer, et la proposition de loi que je porte permettra de lutter contre homophobie en ligne, et de supprimer sous 24h les contenus délictueux et haineux.

L’association SOS Homophobie, représentée par Jeremy Faledam, a affirmé qu’internet était le premier lieu où s’exprimait la LGBTphobie. Dans leur rapport de 2017, cela représentait 22% des signalements faits à SOS Homophobie, et dont l’écrasante majorité ont été effectués sur Facebook et Twitter.

“Sous couvert de liberté d’expression, certaines personnes se permettent d’insulter, de rejeter et de discriminer sur les réseaux sociaux”

Autres acteurs essentiels à ce combat : les plateformes, qui ont pris le temps d’échanger avec le public et de mettre en avant les mécanismes employés afin de lutter contre la cyberhaine.

Ainsi, Audrey Herblin-Stoop, Directrice des affaires publiques de Twitter de France et de Russie, mais aussi Facebook, réprésenté par Anton Battesti, se sont engagés sur plusieurs points clefs : investir dans les outils de détection des contenus illicites, sensibiliser ses utilisateurs, et supprimer ces contenus sous 24h, une fois la loi promulguée.

Parce que ce n’est qu’ensemble que nous pouvons lutter contre la cyber-haine, cet évènement est le prémice d’une lutte collective contre ce fléau. Merci donc à tous les intervenants d’être venus à ce colloque, ainsi qu’à toutes les personnes présentes.

Pour les absents, cet événement est disponible en vidéo : https://www.facebook.com/deputesLaREM/videos/420539285370050?sfns=mo